
57% des fumeurs disent vouloir arrêter de fumer, parmi eux, vos collègues, vos employés et peut-être vous !
Comment aider vos collaborateurs à arrêter de fumer ?
En 2024, 55 % des fumeurs quotidiens déclarent avoir envie d'arrêter de fumer : parmi eux, vos collègues, vos employés et peut-être vous.
Arrêter de fumer ne sert pas uniquement à prévenir les maladies et les cancers des poumons. Au travail, cela aide aussi votre entreprise à limiter l'exposition des autres collaborateurs au tabagisme passif et à réduire vos coûts.
La cigarette au travail, un ennemi sociable
Rappelons que depuis le 1er février 2007, il est interdit de fumer dans un espace public. Les fumeurs doivent alors se rassembler dans des espaces qui leur sont réservés. Vous connaissez forcément ce groupe de collègues qui se retrouve pendant une pause cigarette pour bavarder : c'est un fait de société.
Le tabac est-il social ?
Les fumeurs entraînent les fumeurs, que ce soit lors de soirées en famille, entre amis ou pendant les pauses au travail. Cette convivialité entraîne ce que l'on peut appeler un tabagisme social, où la cigarette devient prétexte à des échanges qui s'organiseraient tout aussi bien sans elle.
Entre collègues, les pauses cigarette peuvent ainsi entretenir une habitude sociale, à laquelle aident à résister nos astuces pour résister au tabac chez les jeunes.
Cette sociabilité autour de la cigarette peut toutefois être réversible, car la motivation pour arrêter de fumer est plus forte lorsqu'elle est partagée entre plusieurs personnes. Dès lors, l'environnement de travail apparaît comme un contexte favorable pour cesser de fumer.
Dans l'idéal, les pauses cigarette se transforment en vrais moments de pause ou d'échange auxquels chacun peut participer.
Combattre le tabagisme et accompagner le sevrage en entreprise
Que vous soyez un fumeur voulant arrêter de fumer ou un non-fumeur souhaitant aider vos collègues dans leur décision, vous pouvez agir pour leur santé et la vôtre : votre aide est précieuse.
En effet, fumeur ou non, l'inconvénient du tabagisme en société ne se limite pas à la santé des consommateurs : le tabagisme passif est aussi un problème.
Il peut favoriser l'apparition ou l'aggravation de maladies chroniques et cardiovasculaires. Arrêter de fumer, c'est donc protéger son entourage.
Attention toutefois : on ne peut pas forcer un collaborateur à arrêter. Chacun doit suivre son propre rythme, ses raisons et ses convictions. Un sevrage tabagique forcé est inutile, car la réussite repose sur la motivation de chacun. Vous pouvez consulter votre médecin traitant pour déterminer la prise en charge la plus adaptée.
1. Organiser des défis collectifs pour arrêter de fumer ensemble
La motivation est une étape clé pour arrêter le tabac, et ensemble, c'est plus facile. Comme mentionné pour le tabagisme social, si moins de personnes fument autour de vous, vous en aurez moins envie aussi.
Encourager chaque réussite entretient le moral de l'équipe et incite vos collaborateurs à poursuivre leurs efforts. Chaque étape franchie mérite d'être félicitée, même lors d'une nouvelle tentative.
Les entreprises peuvent aussi organiser des rendez-vous réguliers pour parler des progrès et échanger des astuces contre l'envie de fumer. En complément, un suivi personnalisé par un médecin ou un autre professionnel de santé permet d'adapter les traitements et les stratégies aux besoins de chacun. Cela peut venir d'une initiative personnelle ou passer par des partenaires.
2. Mettre à disposition des outils et brochures sur l'arrêt du tabac
Le site à consulter : Tabac info service. Vous y trouverez de nombreux conseils pour arrêter de fumer et trouver votre propre motivation, grâce à des témoignages, des activités et des interviews d'experts.
Vous pouvez également organiser des séminaires ou des ateliers d'information. Il ne faut cependant pas en faire une obligation, car chacun est libre d'arrêter, ou non, quand il le souhaite. Le sevrage est un processus long.
Pour beaucoup de fumeurs, les tentatives d'arrêt restent difficiles : la prise de poids, le stress et les envies de fumer peuvent représenter des obstacles. C'est pourquoi un soutien psychologique et une écoute bienveillante comptent pour augmenter les chances de succès.
Le rôle de l'entreprise consiste aussi à créer un environnement où l'arrêt est possible et encouragé, pour améliorer la santé des individus comme celle de l'ensemble de l'entreprise.
De plus, en informant les collaborateurs sur les dispositifs gratuits, comme ceux de Tabac info service, ou sur la possibilité de consulter un tabacologue, l'entreprise contribue à améliorer leur santé.
Un ex-fumeur retrouve rapidement une meilleure respiration, une diminution du monoxyde de carbone dans le sang, et réduit son risque de développer des maladies graves, comme le cancer.
Nous vous donnons 8 astuces pour arrêter de fumer.
Lister ses raisons personnelles d'arrêter, puis écrire ses craintes face à l'arrêt, comme la prise de poids, l'irritabilité ou les symptômes de sevrage, entretient la motivation : nous donnons 8 astuces pour arrêter de fumer.
3. Changer les habitudes de pauses pour réduire l'envie de fumer
Les habitudes font naître les déclencheurs d'envie. Lorsque vous pensez « pause », vous pensez cigarette ? Associer systématiquement une pause à la cigarette crée une habitude de fumer qui déclenche l'envie. Il existe pourtant des centaines d'autres manières de faire une pause.
Repérer les moments de la journée où l'on fume, notamment les pauses et les situations de stress au travail, aide à anticiper, comme le propose l'outil pour évaluer sa consommation de tabac et sa motivation. Noter le nombre de cigarettes fumées chaque jour, leur coût et celles qui seront les plus difficiles à supprimer complète ce repérage.
En pratique, mieux vaut remplacer la cigarette par d'autres activités agréables : prendre l'air, boire un thé, discuter tout en déconnectant. Des exercices de respiration, une activité physique, l'écriture ou la promenade aident aussi à détourner une envie. Une bonne pause doit être prise toutes les deux heures de travail pour garder une productivité adéquate tout au long de la journée.
Sur le lieu de travail, retirer les cendriers, briquets et autres objets rappelant la cigarette limite les tentations.
Et la cigarette électronique pour le sevrage ?
Beaucoup pensent que la cigarette électronique sert à arrêter de fumer. Cependant, ce substitut n'est qu'une étape sur le long chemin du sevrage. Il reste une alternative à la cigarette, tout comme les substituts nicotiniques. Vous trouverez plus d'informations dans notre article "la cigarette électronique est-elle néfaste pour la santé ?"
Le vapotage peut être utilisé, par choix individuel, en dehors ou en complément d'une prise en charge pour arrêter de fumer, mais les preuves scientifiques de son efficacité dans la cessation tabagique restent insuffisantes, un point repris dans notre article sur les effets de la vapoteuse sur la santé. Ses effets à long terme restent eux aussi incertains.
Réduire progressivement la nicotine
Mieux vaut intégrer la cigarette électronique à un arrêt progressif plutôt que d'en faire une compensation durable. Dans ce cadre, vous pouvez diminuer peu à peu la nicotine des e-liquides, jusqu'à utiliser des liquides sans nicotine.
Le geste et le rituel du vapotage peuvent en effet entretenir une dépendance psychologique et retarder le sevrage, un risque détaillé dans notre analyse du vapotage comme aide au sevrage.
Pour sortir de la dépendance à la nicotine, un médecin ou un addictologue aide à choisir une solution adaptée à sa consommation, à son état de santé et à l'avancement du sevrage, comme l'explique notre article « la cigarette électronique est-elle néfaste pour la santé ? ».
Nos collaborateurs ont essayé la cigarette électronique
Voici le témoignage d'Aurélie qui, après avoir passé 23 ans à fumer, a décidé de passer à la cigarette électronique :
« Je suis passée à la cigarette électronique en novembre 2021, un peu sur un coup de tête. Ça fait pile un an, et chaque jour je me demande pourquoi je n'ai pas fait ça plus tôt ! De plus en plus de gens autour de moi vapotaient, et alors que j'avais toujours été contre (plutôt partisane du « si j'arrête, j'arrête complètement »), un jour ça a germé dans ma tête. Je n'ai pas attendu longtemps, je suis allée en boutique me renseigner, et j'ai acheté.
« On vapote différemment de ce qu'on fume. »
Une cigarette, ça a un début et une fin, alors que la vapote non ! Au début c'est ce qui m'a un peu perturbée, j'avais l'impression de ne pas savoir quand m'arrêter. Je craignais de vapoter beaucoup plus que je ne fumais. Et en fait pas du tout. Je continue à sortir prendre mes pauses. Mais sans cette cigarette qu'il fallait absolument fumer jusqu'au bout. Par exemple, si j'ai très peu de temps avant une réunion, je vapote juste un peu et je rentre. À l'inverse, il peut m'arriver de vapoter plus longtemps, sans culpabiliser, comme je pouvais le faire quand j'enchaînais 2 cigarettes.
« C'est un cap à franchir »
Maintenant, je n'arrive plus à fumer de cigarette normale, je trouve le goût de la cigarette répugnant. La cigarette ne m'a jamais manqué du jour où j'ai franchi le pas. Pour autant, arrêter totalement la cigarette électronique n'est pas à l'ordre du jour pour moi. J'ai déjà réduit la nicotine au maximum. Je sens que je suis moins dépendante que je ne l'étais à la cigarette, mais je ne suis pas encore prête à arrêter complètement. »
Ainsi, aider ses collaborateurs à arrêter de fumer est un acte de soutien qui peut transformer leur quotidien comme la dynamique au sein de l'entreprise.
Le tabagisme, de plus en plus reconnu comme une problématique de santé publique, demeure un sujet sensible pour beaucoup de personnes qui souhaitent arrêter la cigarette : c'est compliqué, et cela prend du temps.
C'est ici que l'entreprise peut intervenir : en offrant des ressources, une prévention adaptée et en adoptant les conseils cités ci-dessus, elle peut maximiser les impacts de sa démarche.
Des acteurs importants pour l'arrêt du tabac et la substitution nicotinique
Les entreprises ont l'opportunité de proposer des dispositifs de soutien, tels que des programmes de sevrage ou l'accès à des conseils professionnels. C'est parfois possible grâce à des acteurs engagés à l'échelle nationale (la Haute Autorité de santé, l'Assurance maladie, Tabac info service) ou à plus petite échelle, grâce aux initiatives des entreprises.
La Haute Autorité de santé et l'Assurance maladie encouragent notamment l'utilisation de substituts nicotiniques, qui peuvent être pris en charge dans certains cas, pour aider les fumeurs à gérer leur dépendance au tabac et leurs symptômes de manque. Il s'agit des patchs, des gommes à mâcher, des inhalateurs et des pulvérisateurs de nicotine.
Le patch peut se porter pendant 16 ou 24 heures, tandis que les gommes se mâchent pendant 20 à 30 minutes. Ces produits s'achètent auprès d'un pharmacien sans ordonnance, mais leur remboursement nécessite une prescription médicale, selon les règles du remboursement des traitements de substitution nicotinique.
La mise à disposition de ces outils rend le sevrage plus accessible et réduit les obstacles financiers, souvent un frein pour les personnes qui hésitent à entreprendre cette démarche. Pourtant, la rentabilité est vite atteinte : si vous fumez 10 cigarettes par jour, vous pouvez économiser 1 800 € par an.
En participant à l'amélioration du bien-être et de la santé, l'entreprise renforce la motivation de ses collaborateurs.
En fin de compte, en intégrant un programme de soutien à l'arrêt du tabac, l'entreprise agit de manière proactive dans la lutte contre le tabagisme. La démarche ne se limite pas à des actions isolées : elle crée un espace où tout le monde, fumeurs, ex-fumeurs et non-fumeurs, bénéficie d'un environnement sain.
C'est là que chacun peut agir et faire la différence dans la qualité de vie au travail, en montrant que la réussite de chaque individu est un objectif partagé par tous.
Le rôle de Tabac info service dans l'accompagnement
Tabac info service met en place plusieurs aides, ainsi qu'un accompagnement personnalisé. Entre 2018 et 2020, 45 803 fumeurs ont été en contact avec un spécialiste au 39 89. Six mois après leur appel, plus d'une personne sur cinq se déclarait non-fumeuse depuis au moins 7 jours.
Trois outils sont mis à votre disposition :
Le numéro 39 89 met en relation les fumeurs avec des tabacologues pour un suivi personnalisé et gratuit.
Le site internet tabac-info-service.fr propose de nombreux contenus d'aide et outils d'accompagnement.
L'application d'e-coaching Tabac info service propose un programme personnalisé.
Sources : https://www.cadremploi.fr/editorial/actualites/actu-emploi/detail/article/que-penser-de-ces-employeu rs-qui-vous-aident-a-arreter-de-fumer.html et https://www.ameli.fr/assure/actualites/sevrage-tabagique-tabac-info-service-un-outil-d-aide-l-arret- du-tabac-efficace
Foire aux questions
Comment arrêter de fumer au travail ?
Repérez d'abord les moments où vous fumez, notamment les pauses et les situations de stress. Remplacez ensuite la cigarette par une activité agréable : prendre l'air, boire un thé, discuter. Retirer cendriers et briquets de votre poste aide aussi, tout comme le soutien de collègues engagés dans la même démarche.
Un employeur peut-il obliger un salarié à arrêter de fumer ?
Non. La démarche repose sur la motivation du collaborateur et doit respecter son rythme. L'entreprise peut en revanche proposer des défis collectifs, des ateliers non obligatoires, des brochures, ou informer sur les aides de Tabac info service et la possibilité de consulter un tabacologue.
Les substituts nicotiniques sont-ils remboursés ?
Les patchs, gommes, inhalateurs et pulvérisateurs de nicotine s'achètent en pharmacie sans ordonnance. Leur remboursement nécessite toutefois une prescription médicale. Votre médecin traitant peut vous aider à déterminer la prise en charge la plus adaptée.