Prévention

Hypertension artérielle : comment prévenir et détecter cette maladie chronique ?

L’hypertension artérielle est la maladie cardiovasculaire la plus fréquente. En effet, elle touche près d’un adulte sur 3, selon Santé Publique France. Mais, la moitié d’entre eux l’ignorent : c’est une maladie chronique silencieuse, dont les symptômes sont peu visibles. Or, elle est à l’origine de bien des complications, qui peuvent être évités. Comment se prémunir contre cette maladie ? Voici plusieurs conseils pour la comprendre et l’éviter.

 

Qu’est-ce que l’hypertension artérielle ?

Avant de parler de l’hypertension artérielle, revenons à nos cours de SVT de seconde pour comprendre le fonctionnement de la circulation sanguine.

 

En se contractant, le cœur propulse le sang dans les artères. Ce sang apporte alors de l’oxygène et de l’énergie à l’ensemble des organes du corps. La circulation du sang exerce une pression sur la paroi des artères. On parle alors de pression artérielle, que l’on mesure en millimètres de mercure (mmHg).

Deux valeurs sont mesurées :

  • La pression maximale du sang : la contraction du cœur (appelée systole) propulse le sang vers les artères. C’est la pression systolique.
  • La pression minimale du sang : la relaxation du cœur (appelée diastole) lui permet de recevoir le sang. C’est la pression diastolique.

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur le fonctionnement de notre cœur et de nos vaisseaux, visionnez la vidéo explicative de l’INSERM.

 

Une tension artérielle est normale lorsque :

  • La pression systolique ne dépasse pas 140mmHg,
  • La pression diastolique ne dépasse pas 90mmHg.

Autrement dit, votre tension est normale quand elle ne dépasse pas 14.9.

 

On parle d’hypertension artérielle lorsque l’une ou l’autre de ces valeurs est supérieure aux valeurs normales.

 

Bien sûr, la tension artérielle varie tout au long de la journée : basse la nuit, elle augmente lorsque l’on est debout, et davantage encore lors d’un effort physique.

 

L’hypertension artérielle se caractérise par une pression artérielle trop élevée de manière persistante, même au repos.

Elle devient alors une maladie chronique, dont on ne guérit pas. Mais qui peut être contrôlée, avec des impacts moindres au quotidien.

 

Néanmoins, lorsqu’elle n’est pas contrôlée, elle peut être à l’origine de maladies plus graves. L’HTA fatigue le cœur, celui-ci devient alors moins performant pour assurer les fonctions vitales de la circulation du sang. Ainsi, une hypertension mal traitée ou non diagnostiquée peut provoquer un accident vasculaire cérébral (AVC), un infarctus du myocarde, une insuffisance rénale chronique ou encore la maladie d’Alzheimer.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 62% des AVC seraient dus à une pression artérielle trop élevée.

 

Comment savoir si l’on est hypertendu ?

L’hypertension artérielle est souvent sous-diagnostiquée, car c’est une maladie silencieuse. Les symptômes sont peu visibles, ou nous paraissent anodins.

Ainsi, on estime qu’une personne sur 2 n’aurait pas connaissance de son hypertension. D’où l’importance de faire des bilans de santé réguliers chez votre médecin traitant.

 

Même s’ils sont rares, certains symptômes peuvent alerter :

  • Vertiges
  • Maux de tête permanents, notamment au réveil
  • Palpitations cardiaques
  • Essoufflement
  • Suées
  • Saignements de nez

 

Le diagnostic de l’HTA est réalisé en plusieurs étapes.

La pression artérielle est mesurée au repos, au cours de 2 consultations différentes, séparées de quelques semaines.

Lors de chaque consultation, le médecin généraliste mesure la pression artérielle plusieurs fois, à l’aide d’un brassard placé sur le bras à hauteur du cœur.

 

Cependant, une consultation chez le médecin génère souvent du stress, et donc la pression artérielle a tendance à augmenter. Pour éviter cet effet « blouse blanche », le diagnostic se poursuit par une automesure tensionnelle à domicile. Le patient lui-même mesure sa tension chez lui, au calme, 3 fois le matin, 3 fois le soir, durant 3 jours.

Pour cela, la médecin prescrit l’automesure. Le pharmacien vous prête alors un tensiomètre, et vous en explique son utilisation.

 

Le diagnostic est confirmé lorsque les valeurs sont supérieures à 135mmHg et 85mmHg.

 

Quels sont les traitements ?

Sans traitement, l’hypertension artérielle peut provoquer des maladies cardiovasculaires et neurodégénératives, pouvant aller jusqu’au décès. Une HTA contrôlée évitera l’apparition de ces pathologies.

 

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le premier traitement à mettre en place ne consiste pas en la prise de médicaments. De nouvelles habitudes de vie permettront un retour à la normale de la pression artérielle.

 

Des mesures hygiéno-diététiques comme traitement majeur de l’HTA

Plusieurs mesures hygiéno-diététiques réduiront la tension artérielle :

  • La réduction du poids, en cas de surcharge pondérale
  • Une activité physique régulière, adaptée
  • La réduction de la consommation de sel (moins de 6g/jour)
  • La diminution de la consommation d’alcool
  • Une alimentation privilégiant les légumes et fruits, et faible en graisses
  • L’arrêt du tabac

 

Un traitement médicamenteux : les hypertenseurs

Si la pression artérielle n’est pas revenue à la normale après 3 mois, malgré la mise en place de ces mesures hygiéno-diététiques, le médecin prescrira alors des hypertenseurs.

 

Le traitement est adapté selon le profil du patient : son âge, son poids, ses mesures tensionnelles, ses antécédents médicaux, etc.

D’abord prescrit à faible dose, le traitement sera également adapté progressivement, en cas de réponse insuffisante ou d’intolérance.

 

Néanmoins, pour beaucoup de patients, la pression artérielle reste mal contrôlée. En effet, on estime que près de 30% des patients ne répondent pas, ou pas assez, aux traitements. On parle alors d’hypertension artérielle résistante. D’autres thérapeutiques sont en cours de recherche.

 

Quels sont les facteurs de risque d’une HTA ?

Les causes d’une hypertension artérielle ne sont pas connues dans la majorité des cas. Cependant, plusieurs facteurs de risques existent.

 

  • Le vieillissement, qui entraîne une perte d’élasticité des artères. Il est le premier facteur de risque. En effet, plus de 65% des personnes âgées de 65 ans et plus seraient hypertendus, selon Santé Publique France.
  • Le surpoids et l’obésité
  • Le manque d’activité physique, la sédentarité
  • La consommation élevée de sel
  • Une alimentation pauvre en fruits et légumes
  • Le tabagisme
  • Une consommation importante d’alcool
  • Une vie stressante
  • Des antécédents familiaux

 

Parfois (10% des cas), elle peut apparaître chez des personnes atteintes de maladies rénale, vasculaire, endocrinienne, des glandes surrénales, ou lors de la prise de certains traitements.

 

Comment se prémunir contre cette maladie chronique ?

Alors que nous ne pouvons rien faire contre le vieillissement et les antécédents familiaux, nous pouvons agir contre les autres facteurs de risque, pour ainsi éviter l’hypertension artérielle.

 

  1. Optez pour une alimentation saine et diversifiée, en limitant la consommation de sel

Les plats préparés, les conserves et produits industriels, ainsi que les surgelés ont tendance à être gorgés de sel. Préférez alors cuisiner vos plats, à partir d’aliments bruts. Préférez également les épices et herbes aromatiques pour les relever, au lieu d’utiliser trop de sel. Inutile de faire des recettes très compliquées, Internet regorge de recettes simples et équilibrées, qui ne vous prendront pas beaucoup de temps.

Aussi, laissez tomber la salière à table. D’ailleurs, bien souvent, nous avons tendance à saler avant même d’avoir gouté notre repas.

Ainsi, vous limiterez la consommation de sel, et l’alimentation riche en graisses. Votre taux de cholestérol et votre poids ne s’en porteront que mieux.

 

2. Pratiquez une activité physique régulière

De nos jours, la plupart d’entre nous sommes très sédentaires, assis devant notre écran ou dans notre canapé. Une activité physique régulière protège le cœur, élimine les graisses et nous maintient en forme physique.

Une marche quotidienne de 30 min, des activités telles que le jardinage, peuvent bien souvent suffire à nous maintenir en forme. Complétez par des séances de sport régulières, 2 à 3 fois par semaine, en privilégiant l’endurance : course à pieds, natation, cyclisme, etc.

 

3. Diminuez votre consommation d’alcool

La consommation d’alcool augmente la fréquence cardiaque et ainsi la tension artérielle. Évitez les soirées trop arrosées, ou la consommation journalière d’alcool (maximum 2 verres d’alcool par jour).

 

4. Stoppez le tabac

La nicotine favorise le vieillissement des artères : l’arrêt du tabagisme permettra de limiter les risques de survenue de la maladie (quel qu’elle soit).

Plus facile à dire qu’à faire, oui. Mais toute tentative d’arrêt vous rapproche vers un arrêt définitif. Faites-vous accompagner par un professionnel de santé, et consultez nos 8 conseils pour arrêter de fumer.

 

5. Adoptez un rythme de vie plus serein

De nos jours, tout va trop vite, nous faisons beaucoup de choses, nous nous mettons la pression, nous absorbons trop d’informations, notamment au travail, ce qui génère du stress au quotidien.

Le stress élève la tension artérielle, et risque donc d’endommager à long terme les artères et le cœur.

Ralentissez. Posez-vous et demandez-vous : est-ce vraiment utile de faire telle ou telle chose ? Décrochez de l’écran, et notamment des réseaux sociaux et de leur flux d’informations. Faites des activités manuelles. Aérez-vous l’esprit en allant marcher régulièrement ou en pratiquant une activité physique. Initiez-vous à la méditation ou au yoga.

 

6. Consultez régulièrement votre médecin traitant

Rien de tel qu’un check-up complet chez le médecin généraliste pour vérifier si tout va bien. Faites un bilan de santé chez votre médecin traitant, une fois par an. Il mesurera forcément votre tension, et sera à l’écoute de certains symptômes qui vous paraissent anodin.

 

 

L’hypertension artérielle est certes la maladie cardiovasculaire la plus fréquente, néanmoins il est possible de prévenir son apparition. Une alimentation saine, une activité physique et un rythme de vie plus serein limiteront l’apparition de cette maladie chronique lors de vos vieux jours. Un bilan de santé complet chez votre médecin traitant, une fois par an, détectera des symptômes, qui peuvent paraître anodins au quotidien.

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