Conseils, Prévention

Grossesse et alcool : les dangers à connaître

Ai-je le droit à un petit peu d’alcool occasionnellement ? Si vous êtes enceinte, c’est sûrement une question qui vous taraude. Si vous pouvez être tentée dans le cadre d’événements festifs, sachez que même une gorgée peut entraîner le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale (SAF), c’est-à-dire des déficiences intellectuelles graves pour votre bébé. Une gorgée. De quoi faire réfléchir.

Mais alors, quels sont les dangers de l’alcool pour le fœtus ? Comment vous faire aider si vous rencontrez des difficultés à arrêter l’alcool ? Nous vous donnons toutes les informations dont vous avez besoin pour préserver la santé de votre futur enfant.

 

 

Zéro alcool durant la grossesse : les raisons

 

L’alcool est la première cause de handicap mental non génétique et d’inadaptation sociale de l’enfant en France. D’ailleurs, selon l’ARS, entre 2006 et 2013 une naissance par jour est affectée par une conséquence liée à l’alcoolisation fœtale. Tout ce que vous consommez est transmis au fœtus par l’intermédiaire du placenta. Il en va de même pour l’alcool qui va se retrouver directement dans le sang de votre bébé. Si pour vous, un verre n’est pas grand-chose, n’oubliez pas que pour lui (en plein développement) c’est une quantité énorme à ingérer. Le futur nouveau-né n’a pas un foie mature pour éliminer l’alcool.

 

Les conséquences pour le bébé

 

Les scientifiques et les médecins ne savent pas estimer quelle quantité maximale d’alcool est sans danger pour le fœtus et sa mère. C’est pour cela que l’abstinence totale est fortement conseillée. Ayez à l’esprit qu’une seule gorgée peut être fatale si elle est bue en même temps que le développement d’un organe. De nombreuses conséquences sur la santé du bébé peuvent apparaître comme :

  • des retards neurologiques ;
  • des malformations congénitales (cœur, poumon, rein, etc.)
  • la mort subite du nourrisson ;
  • une petite taille et un petit poids de naissance ;
  • une modification du visage (yeux, oreilles, etc.).

 

Le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) est une maladie grave de l’enfant liée à la consommation d’alcool de sa mère. En plus des déficiences mentales irréversibles, les bébés victimes de SAF peuvent naître en manque d’alcool pendant les premières semaines de leurs vies. Comme chez l’adulte, cela se traduit par des tremblements, des troubles du sommeil et de l’alimentation et une extrême irritabilité. Enfant et à l’âge adulte, le SAF se manifeste par :

  • des troubles du comportement ;
  • des problèmes de concentration et d’apprentissage ;
  • de l’hyperactivité ;
  • une dépendance à l’alcool ;
  • des problèmes de santé mentale ;
  • un handicap mental.

 

Les conséquences sur votre grossesse et votre santé

 

La prise de boissons alcoolisées peut aussi favoriser des problèmes durant votre grossesse comme :

  • une fausse couche ;
  • un accouchement prématuré ;
  • une hypertension artérielle ;
  • une insuffisance rénale ;
  • une prééclampsie et éclampsie.

 

En plus de mettre à mal la santé de votre bébé, la consommation d’alcool régulière peut être à l’origine d’interruptions de grossesse et vous rendre plus vulnérable lors de l’accouchement avec un fort risque d’hémorragie cérébrale.

 

 

Les questions que vous vous posez le plus souvent

 

  • Tous les alcools sont-ils dangereux ? Une bière ou une coupe de champagne sont aussi néfastes pour le fœtus qu’un verre de gin-tonic ou de rhum. Encore une fois, le zéro alcool est préconisé.

 

  • Je panique, car j’ai bu de faibles quantités d’alcool sans savoir que j’étais enceinte ? Rassurez-vous, ce sont surtout les consommations fortes et régulières qui engendrent des complications graves. Si vous avez pris un verre ou deux durant les premières semaines, cela ne devrait pas avoir de conséquences directes sur l’embryon. Toutefois, parlez-en à votre médecin et arrêtez immédiatement de boire de l’alcool. Il n’est jamais trop tard pour protéger la santé de votre bébé.

 

  • Je souffre de dépendance à l’alcool, que faire ? N’ayez pas honte d’en parler à votre gynécologue ou votre médecin traitant. Ce dernier ne vous culpabilisera pas, mais trouvera des solutions pour vous accompagner avec la mise en place d’un suivi spécifique. Vous pouvez également contacter Alcool Info Service, ce dispositif vous écoute sans jugement et vous adresse à une structure spécialisée proche de votre domicile.

 

  • Je viens d’accoucher et j’allaite, puis-je ingérer un peu d’alcool ? Il va falloir attendre quelques semaines avant de trinquer à la naissance de votre enfant. En effet, l’alcool consommé se retrouve dans le lait maternel au même titre que dans le sang. Si cela n’engendre pas de troubles sérieux de développement pour votre bébé, une diminution de la lactation et de l’écoulement du lait est observée. Dans certains cas, cela peut aussi causer une somnolence chez votre nourrisson. Vous souhaitez quand même boire un verre ? Attendez 2 ou 3 heures avant de redonner le sein.

 

Les astuces pour ne pas être tentée durant la grossesse

 

Si pour certaines d’entre vous, l’abstinence totale se fait facilement. Pour d’autres, qui apprécient les bons vins et les moments conviviaux, il est plus difficile de renoncer à un verre de temps en temps. Surtout si cela est associé à l’arrêt du tabac et aux restrictions alimentaires. Pour vous aider à résister aux tentations, voici quelques astuces à adopter :

 

Demander à l’autre parent d’être solidaire

 

Vous pouvez demander à votre conjoint ou votre conjointe de vous soutenir en modifiant sa consommation d’alcool. Vous serez ainsi moins tentée de goûter dans son verre.

 

Apporter des boissons sans alcool en soirées

 

Lors de vos soirées entre amis ou repas de famille, pour éviter de vous retrouver à choisir entre un coca et un perrier, amenez les boissons sans alcool que vous appréciez. Entre les thés glacés, les eaux aromatisées, les jus de fruits, les bières et vins sans alcool, vous avez l’embarras du choix pour varier les plaisirs.

 

Consommer des cocktails sans alcool

 

C’est l’été et vous avez envie d’un Spritz ou d’un Mojito ? Bonne nouvelle, vous pouvez profiter de la fraicheur de cocktails sans alcool. Ils sont de plus en plus présents dans les cartes des bars et restaurants, il en existe pour tous les goûts et ils sont tout aussi savoureux que leurs versions alcoolisées ! Vous souhaitez en faire chez vous ? Rien de plus simple ! De nombreuses recettes faciles à faire sont sur internet.

 

 

Vous l’avez compris, l’abstinence totale est la règle durant la grossesse. Elle permet de préserver le bon développement du fœtus et diminue le risque de fausse couche. Avec la tendance du zéro alcool dans le commerce et les bars, vous avez de plus en plus d’alternatives pour remplacer l’alcool lors des soirées. Par exemple, vous retrouverez facilement, dans votre supermarché, l’équivalent 0 % d’alcool de votre bière préférée. L’arrêt sera simple et même ludique puisque vous découvrirez de nouvelles saveurs !

 

 

Pour approfondir le sujet, le professeur Pierre Bernard apporte des réponses concrètes à vos interrogations dans une vidéo.

 

Rédaction : Célia Gouverneur

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