Prévention

Diabète : s’informer pour mieux vivre avec la maladie

Santé Publique France dénombrait, en 2016, 3,3 millions de français diabétiques traités. Il est important de préciser « traités », car beaucoup ne le sont pas et 20 à 30% des adultes diabétiques… ne savent même pas qu’ils ont un diabète. C’est une maladie silencieuse, qui, après plusieurs années, peut entraîner d’importantes complications. Alors oui, vous en entendez souvent parler. Mais savez-vous concrètement ce qu’est le diabète ? Et que, diagnostiqué au plus tôt et bien traité, il vous laissera profiter pleinement de votre vie ?

 

Qu’est-ce que le diabète ? Ou plutôt les diabètes

Le diabète est un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage du sucre que notre alimentation apporte à notre organisme.

 

Quand on mange, le sucre circule en plus grande quantité dans le sang. Il est transformé en glucose. Le pancréas détecte cette augmentation. Les cellules pancréatiques sécrètent alors de l’insuline.

L’insuline est une hormone qui agit comme un moyen de transport pour que le sucre pénètre dans les cellules de notre organisme. Ce sucre contribue au bon fonctionnement de nos muscles, des tissus de nos organes et du foie.

 

Cependant, il arrive que les cellules de notre organisme ne soient plus très sensibles à l’insuline. Le pancréas en fabrique alors encore plus, jusqu’à s’épuiser. La production d’insuline devient alors insuffisante et le glucose s’accumule dans le sang. C’est ce qu’on appelle l’hyperglycémie : un excès de sucre dans le sang.

 

On parle souvent du diabète, cependant il en existe 3 formes :

  • Le diabète de type 2, la forme la plus fréquente, survenant chez l’adulte. Les cellules résistent à l’insuline qui, finalement, est de moins en moins sécrétée.
  • Le diabète de type 1, qui touche les enfants et jeunes adultes. Ici, les cellules du pancréas se détruisent, d’où l’incapacité à sécréter assez d’insuline (insuffisante, voire nulle). Et donc, le glucose s’accumule en très grande quantité dans le sang.
  • Le diabète gestationnel, qui survient pendant la grossesse. Certaines femmes enceintes développent une intolérance au glucose.

 

Dans le cas du diabète de type 2, plusieurs facteurs de risques existent. Une alimentation trop grasse, trop sucrée – associée à un surpoids ou une obésité – et un manque d’activité physique sont les deux principales causes de la maladie.

À cela s’ajoute l’âge. En effet, la fréquence de la maladie augmente avec l’âge.

Il existe d’autres facteurs de risque, tels que les antécédents familiaux et, pour les femmes, un antécédent de diabète gestationnel.

 

A contrario, nous ne savons pas encore vraiment les causes du diabète de type 1. Les études soupçonnent des prédispositions génétiques associées à des facteurs environnementaux.

 

 

 

Quelles sont les complications à long terme ?

Beaucoup de diabétiques s’ignorent, car la maladie est pendant longtemps asymptomatique.

 

Toutefois, une personne diabétique peut avoir besoin de boire et d’uriner souvent, et maigrit rapidement. Lorsque ces symptômes apparaissent, il est probable que la maladie soit à un stade déjà avancé.

 

Il est donc essentiel d’équilibrer son alimentation au plus tôt, d’adopter une activité physique et de réaliser un check-up régulièrement chez votre médecin traitant.

Notamment, si vous avez plus de 45 ans et si :

  • Vous êtes en surpoids
  • Vous souffrez d’hypertension artérielle
  • Vous avez des antécédents familiaux de diabète

 

Le diagnostic du diabète, notamment de type 2, consiste en deux mesures du taux de sucre dans le sang, grâce à un prélèvement sanguin. Si ces deux mesures sont supérieures à 1,26g de glucose par litre de sang, le diagnostic est posé.

 

Détecté plus tardivement ou mal traité, le diabète entraîne des complications après 10 à 20 ans de déséquilibre glycémique. En effet, le sang circule moins bien dans nos vaisseaux et organes. Cette mauvaise irrigation peut atteindre :

  • Le cœur et le cerveau : risque d’infarctus, d’AVC
  • Les yeux : rétinopathie diabétique, voire cécité
  • Le rein : insuffisance rénale chronique
  • Les membres inférieurs et les pieds : plaies, problème de cicatrisation, artérites, voire amputation
  • Le foie : maladie hépatique
  • Le cerveau : neuro-dégénérescence

 

Dans le cas d’un diabète gestationnel, celui-ci peut entraîner un diabète chez le nouveau-né, un poids élevé, une malformation, voire une mort fœtale ou néonatale.

 

Comment mieux vivre avec la maladie, quand on est diabétique ?

Lorsqu’on est diagnostiqué, le médecin traitant ou le diabétologue remet au patient un guide pour mieux vivre avec la maladie, qu’il s’agisse d’un diabète de type 2 ou de type 1.

 

Le médecin réalise un bilan initial pour évaluer d’éventuels facteurs de risques associés : tabagisme, surpoids ou obésité, hypertension artérielle, etc. En fonction, il pourra décider du traitement et du suivi les plus adaptés.

 

Pour soigner un diabète de type 2, le traitement de première intention comporte des mesures hygiéno-diététiques :

  • Une alimentation adaptée, saine et équilibrée
  • Une activité physique régulière
  • Une perte de poids, si nécessaire

Ces mesures peuvent être suffisantes pour contrôler la glycémie et réduire, voire éviter, les complications.

 

Si cela n’est pas suffisant, le médecin peut prescrire des médicaments antidiabétiques. Voire, des injections d’insuline (insulinothérapie).

 

Concernant un diabète de type 1, les mesures d’hygiène de vie s’appliquent. Toutefois, les injections quotidiennes d’insuline sont essentielles pour compenser le déficit. En effet, ces injections imitent la production naturelle d’insuline.

 

La maladie est une affection de longue durée (ALD), dont le traitement est pris en charge à 100% par la sécurité sociale.

 

Dans tous les cas, mieux vivre avec son diabète passe par sa connaissance. Apprendre à connaître la maladie, c’est :

  • Savoir équilibrer son alimentation et pratiquer une activité physique régulièrement
  • Prendre son traitement correctement pour équilibrer sa glycémie
  • Contrôler sa glycémie, et reconnaître les signes d’hypoglycémie, d’hyperglycémie ou de complications, pour ainsi agir rapidement
  • Prévenir et traiter les infections cutanées, urinaires, ou des pieds
  • Informer et former son entourage
  • Assurer son suivi médical : rendez-vous tous les 3 mois chez son médecin traitant, 1 fois par an chez l’ophtalmologue et chez le dentiste

 

Des hôpitaux, maisons de santé et réseaux proposent des séances d’éducation thérapeutique. Ces ateliers fournissent toutes les clés pour apprendre à mieux connaître et à mieux vivre avec le diabète.

De plus, ces séances collectives sont de réels temps d’échange avec des personnes qui traversent la même chose.

 

À ce sujet, des associations locales se mobilisent pour informer, favoriser les échanges et accompagner les personnes diabétiques.

N’hésitez pas à vous en rapprocher, notamment à l’occasion de la Journée Mondiale du diabète, ce samedi 14 novembre 😉

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