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Dénutrition en France : comment prévenir et agir ?

Contrairement à une idée reçue, la dénutrition ne concerne pas que les pays pauvres. En France, en 2020, ils étaient 2 millions à être touchés par cette maladie. Car oui, c’est une maladie qui a des conséquences importantes sur la santé. Comment la dépister et la prévenir ? Comment prendre en charge les personnes qui en souffrent ? À l’occasion de la semaine nationale de la dénutrition, en plus de vous apporter des informations concrètes, nous souhaitons combattre les idées reçues pour une meilleure sensibilisation.

Comprendre la dénutrition

 Qui est concerné ?

 

Seuls 18 % des Français qualifient la dénutrition de maladie selon la Fondation Jean Jaurès. Cela montre un manque de connaissance sur ce sujet, car nous pensons trop souvent, à tort, qu’elle vise uniquement les pays les moins développés. Pourtant, elle fait des ravages en France chez les enfants, les adultes et les personnes âgées.

 

La dénutrition est à ne pas confondre avec la malnutrition (alimentation trop riche et peu diversifiée). D’après la Haute Autorité de Santé, la dénutrition désigne « l’état d’un organisme en déséquilibre nutritionnel, caractérisé par un bilan énergétique et/ou protéique négatif. » C’est-à-dire que nous sommes dénutris quand on ne mange pas assez par rapport à nos besoins. Cela se traduit par une perte de poids et de force ainsi que par une fonte des muscles. La dénutrition a des conséquences graves sur votre santé. Avec une sous-alimentation, le corps est privé des nutriments essentiels à son bon fonctionnement. Cela entraîne notamment :

 

  • un affaiblissement de l’immunité et ainsi le développement d’infections ;
  • un déclin physique (perte de force, chutes, fractures) ;
  • une aggravation des maladies chroniques et de la dépendance ;
  • une baisse de moral et une augmentation des dépressions ;
  • un décès quand la perte de masse protéique excède 50 %.

 

La dénutrition peut être volontaire ou non, selon les raisons suivantes :

 

  • le cancer : 40 % des malades ne mangent pas assez à cause des nausées liées aux traitements ;
  • alzheimer : 40 % des malades d’Alzheimer oublient de s’alimenter ;
  • la vieillesse : 400 000 personnes âgées vivant à domicile n’ont plus la force de faire les courses et la cuisine ;
  • les maladies chroniques et la dépression qui affectent l’appétit ;
  • les problèmes bucco-dentaires ;
  • la pauvreté: 1 français sur 5 saute des repas et 27 % d’entre eux ne mangent pas à leur faim, faute de moyens.

 

 

Les signes qui doivent alerter

Le premier signe est bien évidemment la perte de poids. Si vous ou quelqu’un de votre entourage perdez, non volontairement, 3 kilos et plus en un mois, il vaut mieux aller consulter le médecin. On considère qu’une personne est dénutrie si elle a perdu 5 % de son poids en un mois ou 10 % en 6 mois.

Votre IMC (Indice de Masse Corporelle) est aussi à surveiller. Il ne doit pas être inférieur à 18,5 si vous êtes un adulte et 21 si vous êtes un senior. Si vous avez un enfant, la stagnation ou la cassure des courbes de taille et de poids sont un signe qui doit vous amener à prendre rendez-vous avec le pédiatre.

 

En règle générale, demandez de l’aide à un médecin, si vous constatez l’un de ces points d’alerte chez un proche :

 

  • le réfrigérateur est souvent vide ou les restes s’accumulent ;
  • les repas sont sautés et les assiettes non terminées ;
  • les vêtements sont trop grands ;
  • l’amaigrissement est visible.

 

Agir pour lutter contre ce fléau

Prévenir la dénutrition

 

Vous pouvez prévenir la dénutrition en vous alimentant suffisamment. Veillez à prendre 3 repas par jour et à manger des protéines quotidiennement. La pesée hebdomadaire est aussi un excellent moyen de prévention. En vous pesant une fois par semaine, vous pourrez suivre l’évolution de votre poids. D’une semaine à l’autre, vous ne devez pas constater une perte de plus de 3 kilogrammes. Avoir une bonne hygiène bucco-dentaire et consulter tous les ans un dentiste peut également vous aider à conserver votre appétit.

 

Les solutions pour lutter contre la dénutrition

 

Si vous ou un proche n’avez plus d’appétit, vous pouvez stimuler vos sens en colorant vos assiettes et en rehaussant le goût de vos plats (épices, aromates, condiments, sauces, etc.). Si vous devez reprendre du poids, ne lésinez pas sur les charcuteries, les fromages ou les gâteaux.

Si malgré tout cela, vous n’arrivez pas à grossir, nous vous conseillons de vous faire accompagner par un.e diététicien.ne et/ou d’opter pour des compléments alimentaires riches en protéines. Le maintien d’une activité physique est aussi primordial pour ouvrir l’appétit. En consommant de l’énergie, votre corps vous demandera de combler ses besoins caloriques.

 

Pour les aînés, s’ils ne peuvent plus ou n’ont plus envie de cuisiner et de faire leurs courses, le portage de repas à domicile est une solution. Il permet de continuer à se faire plaisir tout en mangeant des produits de qualité. De plus, le lien qui se construit avec le livreur est un excellent moyen pour lutter contre la solitude. Si vous accompagnez une personne âgée, vous pouvez faire du repas un moment convivial avec une jolie décoration de table par exemple. Ayez en tête de ne pas la presser, elle doit avoir le temps de savourer le menu.

 

Enfin, si vous êtes en situation de pauvreté et que vous rencontrez des difficultés à vous nourrir, n’hésitez pas à solliciter une aide alimentaire auprès des Restos du Cœur ou des épiceries solidaires. Vous pouvez aussi demander un rendez-vous avec une assistante sociale du CCAS de votre commune.

 

Quelle que soit votre situation ou celle de l’un de vos proches, la dénutrition peut être prise en charge et ne doit pas être invisible.

 

5 idées reçues sur la dénutrition

 

Pour mieux vous informer et identifier la dénutrition, voici 5 idées reçues sur cette maladie :

 

  1. La dénutrition touche uniquement les personnes âgées: c’est faux, tout le monde est concerné.
  2. La dénutrition ne touche pas les personnes en surpoids ou obèses : c’est faux, c’est la perte de poids soudaine qui compte, peu importe le poids initial.
  3. Les personnes âgées n’ont pas besoin de protéines : au contraire, elles ont besoin de beaucoup plus de protéines que les adultes (viande, œuf, ou poisson,2 fois par jour).
  4. Il est normal de maigrir en vieillissant : c’est faux, vieillir ne fait pas maigrir. Si une personne âgée perd du poids, c’est qu’elle est atteinte de dénutrition.
  5. Pour être en bonne santé, je dois supprimer les sels, les graisses et les sucres : nous devons consommer de tout et ne faire l’impasse sur aucun des apports énergétiques.

 

Pour sa seconde édition, la semaine de la dénutrition organise plus de 3000 événements de sensibilisation partout en France. Si vous souhaitez approfondir le sujet, inscrivez-vous aux nombreux webinaires qui auront lieu tout au long du mois de novembre.

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